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Ambassadeur du coeur : Karine Chouinard - malformation cardiaque congénitale

J'ai vécu 7 opérations et une 8e est à prévoir...

 

Je suis née le 8 juillet 1983 avec une malformation cardiaque. Seulement quelques mois après ma naissance, on m’opère une première fois à coeur ouvert. Quatre autres opérations ont suivi entre 9 mois et 4 ans. Chaque malformation étant unique, on n’était jamais certain de la manière dont mon coeur allait réagir suite aux opérations. Je un bébé très fragile. Il ne faut pas que je tombe malade ou que je pleure pour ne pas fatiguer mon coeur.

À l’âge de 4 ans, je subis une 5e opération pour faire l’ablation de ma valve pulmonaire. Suite à cette opération, j’ai un AVC, je dois donc subir une 6e intervention, mais malheureusement je reste temporairement paralysée du côté gauche. Suite à cette complication, je dois réapprendre à parler, et à marcher… mais heureusement, j’ai peu de séquelle à long terme.

Durant mon primaire, mon coeur se fatigue plus vite qu’un autre enfant, mais à la surprise générale, je peux tout de même pratiquer certains sports : Patinage artistique, volleyball, tennis. Toujours à mon rythme et selon ma capacité, mais tout de même! Je vis une enfance et un début d’adolescence relativement normale.

En vieillissant, je me pose plusieurs questions sur mon état. Est‐ce que je pourrai avoir des enfants ? Quand devrais-je avoir une autre opération ? Pourquoi moi ? La situation me fâche, mais je continue à en faire le plus possible. Je suis dynamique et active. Je mords dans la vie.

J’ai des amis et une famille formidable, qui m’épaule. Au début de la vingtaine, je commence à avoir certains symptômes. Je me fatigue plus vite qu’à la normale et je me sens plus facilement essoufflée. Je me pousse tout de même à vivre au même rythme qu’à l’habitude. Je ne me suis pas écouté.

En 2006, je fais une simple amygdalite, qui me conduit à une hospitalisation. Mon corps n’est pas capable de combattre cette infection. Après plusieurs examens, l’équipe de cardiologie de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec en est arrivé à un constat. Il faut que je subisse une 7e opération. La meilleure chose pour moi est qu’ils me fassent un glenn et me greffent une valve porcine.

Je discute beaucoup avec l’équipe. Ils m’expliquent qu’il y a des risques, mais que selon eux, c’est ma meilleure option. Après avoir consulté ma famille, je décide de choisir cette opération. Je suis prête à toutes les éventualités, mais j’ai confiance en moi et en l’équipe de l’Institut. 

En octobre 2006, je suis opérée avec succès. Après 2 semaines d’hospitalisation et quelques mois de convalescence, je retrouve une vie normale. Un an plus tard, je passe mon examen annuel. Mon cardiologue, le Dr Chetaille, m’annonce que l’opération a eu les résultats escomptés. Je vais très bien.

En couple depuis quelque temps, je commence à penser à avoir des enfants. Il m’explique qu’avec un suivi rapproché il n’y voit aucune objection. Je suis tellement heureuse ! Je suis aujourd’hui maman de deux belles filles de 6 et 7 ans en santé. Les grossesses sont difficiles, mais avec un bon suivi tout se déroule bien.

Aujourd’hui, je suis consciente qu’une autre opération s’en vient. Quand ? Je ne le sais pas. Je me garde en forme pour repousser le plus loin possible cet évènement. Je suis toujours très active. Je travaille comme infirmière auxiliaire, je suis également représentante pour Arbonne International et je fais du bénévolat dans quelques organismes. Je mords autant dans la vie et le plus important, je reste positive.

J’ai la chance d’être bien entourée : Famille, amis, collègues, mais surtout une équipe médicale formidable. Je tiens d’ailleurs à profiter de l’occasion pour remercier chaque membre du personnel de l’Institut pour leur bon soin, leur gentillesse, leur professionnalisme, leur réconfort et leur soutien. Vous serez à jamais dans mon coeur !