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Josée Morel - Ambassadeur du Mois de sensibilisation au cancer du poumon

Je me présente. Josée Morel, 65 ans, retraitée de la fonction publique depuis 10 belles années. Mariée à un petit gars de Jonquière depuis 1987.

Mon histoire a débuté le 17 avril 2016, alors que je suis aux prises avec une crise d’arythmie me tient en otage, et ce, pendant environ 5 heures. Pour moi, il n’était pas question d’aller à l’hôpital. Je me disais que le lendemain, ça irait mieux. Par contre, deux jours plus tard, mon état ne s’était toujours pas amélioré. Mon mari a donc décidé de m’emmener à l’Institut, croyant à un problème au cœur.

Arrivée à l’urgence de l’hôpital, j’ai passé toute une série d’examens. En fin d’après-midi, nous avons rencontré l’urgentologue : « Madame Morel, j’ai une mauvaise nouvelle, nous avons découvert une masse de 45 mm au poumon droit, c’est le cancer, je suis désolé ». Je suis abasourdie. Incapable de pleurer, de bouger, de parler, ni même de réfléchir. Tout se bouscule dans ma tête. Il faut informer les proches, mais comment… 

Après une série d’examen, on a découvert qu’il s’agissait d’un cancer de type 4 à petites cellules. C’est le pire, le plus virulent. Jamais, ou très rarement, ce type de cancer n’est opéré car il se propage trop rapidement. Mais moi, il n’y a rien de répandu. Merci mes anges. 

Le chirurgien, Dr Grégoire, a tout de même accepté de m’opérer, à condition qu’après l’opération, je subisse 4 traitements de chimiothérapie suivi de radiothérapie. La montagne me semblait insurmontable. À mon réveil, on m’a informé que le lobe supérieur droit avait été enlevé et qu’il n’y avait des métastases qu’uniquement sur les ganglions situés dans le lobe droit. Un vrai miracle!

Un mois plus tard, le vendredi 12 août 2016, j’avais mon premier rendez-vous avec l’oncologue. 4 séances de 3 traitements consécutifs aux 21 jours, voilà ce qui m’attendait... sans oublier le fait que j’allais perdre mes cheveux dès  la première séance. Pour moi, perdre mes cheveux, c’était le plus grand deuil que j’avais à faire… « Me voici donc devenue une vraie patiente cancéreuse », c’est ce que je me suis dit. Au début, j’ai trouvé difficile le regard des autres, mais après quelques temps, j’ai réalisé que j’avais de la chance car mes traitements de chimio étaient préventifs.

Une fois la chimio terminée, j’ai passé d’autres examens et on m’a confirmé que je n’avais plus aucun signe de métastase. Quel soulagement! Maintenant il faut me transférer en radiothérapie, toujours en prévention, car la chimiothérapie ne traite pas le cerveau. 

Je rencontre une oncologue le 1er décembre, qui  m’informe du processus : 10 traitements consécutifs les jours ouvrables. Environ un an pour retrouver ma forme. C’est ce que je fis.

J’ai terminé tous mes traitements le 29 décembre 2016, et aujourd’hui, je suis en mode récupération.

Il va sans dire que ces moments ont été très difficiles pour moi, et pour tout mon entourage. C’est donc important, pour moi, de prendre un moment pour remercier tous ceux qui ont été là pour moi. Pendant cette épreuve, je suis devenue la priorité pour mon mari, pour ma sœur, pour mes amis. Pas un seul ne m’a laissé tomber. L’amour, la famille et l’amitié, c’est fort. Il ne faut absolument pas oublier le personnel de l’Institut. Toute la délicatesse de l’encadrement, l’appui et le soutien dont j’ai bénéficié de la part de ces professionnels est extraordinaire. Quand nous allons pour la première fois au département d’investigation pulmonaire, nous sommes démolis, apeurés, inquiets. Par contre, nous nous faisons toujours accueillir avec un sourire. Je me suis abandonnée tellement j’étais en confiance.

J’ai également décidé de redonner ce que j’avais reçu en faisant une levée de fonds pour la Fondation IUCPQ. J’ai créé la collection « J’aimerais te dire », afin de faire référence à tous ces mots que nous pensons, mais ne disons pas. Cette levée de fonds m’a permis de redonner à la Fondation un montant de 1 510 $, cela correspondait à 1 000 $ de plus que mon objectif. 

Je tiens à terminer mon message en vous partageant une leçon que j’ai apprise au cours de cette épreuve. À l’époque, je ne cessais de me demander « pourquoi, moi? ». Aujourd’hui, je réponds : Pour rencontrer des gens extraordinaires qui m’ont apportés énormément, pour mieux profiter de la vie, pour apprendre à m’abandonner, à demander. 

En écrivant ce texte, j’ai réalisé combien j’ai été chanceuse. Je suis dans la minorité des survivants. J’ai modifié mon « pourquoi, moi? » par « pourquoi pas, moi? », car après tout, j’ai été capable de combattre.

Parfois, j’y repense, je repense à tout ce qui s’est passé depuis le début, à ce que j’étais avant et surtout à ce que je suis devenue aujourd’hui, et je suis fière d’en être arrivée là. Aujourd’hui, je suis heureuse, je le suis vraiment.

La vie est une chance qu’il faut saisir, sachez-le. 

 

Josée Morel