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Linda Poisson : « Un travail colossal dans mon coeur »

C’est à l’âge de 10 ans, à la suite d’une consultation pour une grippe qui tardait à guérir que mon pédiatre, le Dr René Jutras, a soupçonné que quelque chose n’allait pas bien au niveau de mon cœur. Une référence a donc été faite à l’hôpital Laval de Québec (maintenant IUCPQ-UL). Ce sont les cardiologues Dr Michel Guay et Dr Georges Delisle qui m’ont diagnostiqué une CIA (communication interauriculaire). C’est une malformation congénitale fréquente qui fait que le sang n’est pas complètement oxygéné.

Comme ma condition était assez bonne, on a mentionné à mes parents qu’une opération serait risquée pour le moment et qu’un suivi régulier serait fait pour les années à venir. Les années passent. Je suis active, j’étudie en enseignement, je me marie et nous avons trois fils. Ils sont maintenant âgés de 29, 25 et 22 ans. Lors de mes grossesses, on avait bien pris soin de vérifier par une échographie, le cœur de mes bébés. Tout était parfait. Ils sont en pleine forme.

En 1999, on me contacte pour me dire qu’à la suite de l’étude de mon cas en réunion d’équipe, une chirurgie serait maintenant envisageable. J’avais 33 ans et mon petit dernier n’avait que 18 mois. Comme cette opération pouvait améliorer la qualité et la durée de ma vie, j’ai accepté.

C’est en avril 1999 que le Dr Paul Cartier, chirurgien cardiaque pédiatrique, m’opère à l’Institut. Un travail colossal dans mon cœur. Il y a eu une complication postopératoire au niveau de l’électricité de mon cœur. Grâce à ces spécialistes, tout est rapidement rentré dans l’ordre. J’ai constaté une nette amélioration de ma condition. Un cœur calme, davantage d’énergie, des lèvres et des ongles rosés. (Ils étaient bleutés avant). Je constatais maintenant la différence en pratiquant mes sports de plein air préférés : le ski de fond, le ski alpin, les randonnées en montagne et le vélo de route.

Suite à mon opération, j’étais suivie régulièrement au CHUL par l’équipe de cardiologie. Particulièrement par le Dr Jean-Marc Côté et le Dr Philippe Chetaille. En 2004, une échographie révèle que ma valve mitrale était devenue trop fuyante et qu’une opération s’avérait nécessaire. C’est le Dr Jean Perron, chirurgien cardiaque pédiatrique, qui a fait une plastie de ma valve.

La vie continue. Les activités et les sports des enfants, le travail et de beaux voyages.

Quinze ans plus tard, cette valve mitrale fuit maintenant sévèrement. En septembre 2019, le Dr Perron m’opère à nouveau à l’Institut. Cette fois-ci, il remplace ma valve. Quelques jours plus tard, il a fallu l’intervention d’un pneumologue afin de retirer du liquide dans un de mes poumons. C’est fréquent suite à une telle opération.

Depuis janvier 2020, je suis de retour au travail dans ma classe de maternelle. Je suis en pleine forme et tout se passe bien. La vie continue et je suis suivie par les mêmes cardiologues à l’Institut (IUCPQ) à la clinique congénitale adulte.

J’ai été confrontée à la fragilité de la vie, mais surtout à sa grande force. Voilà probablement pourquoi je suis si amoureuse de la vie. Je tiens à remercier mes proches pour leur amour et leur soutien. Merci également à tout le personnel impliqué ainsi qu’à mes médecins pour la qualité des soins reçus. Je suis extrêmement reconnaissante. Continuez votre important et si précieux travail!

-Linda Poisson